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Faune & Flore

Gérald




Gérald BISTON 

Plongeur * * * *

Instructeur CMAS Océanologie


L'Estartit 2015 : Un étrange organisme

(Octobre et novembre 2015)


 Lors de notre dernier séjour de plongée en Espagne, à l'Estartit, plusieurs membres de Nérée ont été intrigués par un mystérieux organisme qui se développait sur les fonds marins :


Acétabulaire de Méditerranée 1

Il s'agissait de l'acétabulaire de Méditerranée qui répond au nom scientifique d'Acetabularia acetabulum.



On en trouve dans toute la Méditerranée, sauf au large de l'Egypte, et dans l'Atlantique proche de Gibraltar sur les côtes atlantiques espagnoles. 

Elle préfère les substrats rocheux et les zones calmes, peu battues par les vagues. Elle aime la lumière et vit à faible profondeur, généralement entre 2 et 5 m de profondeur, ou davantage si les eaux sont limpides, mais elle ne supporte guère d’être émergée.

 


L'étonnement suscité chez nos plongeurs est compréhensible. Il s'agit d'une algue verte unicellulaire qui n’est visible qu’à la fin du printemps et en été.

 
Acétabulaire de Méditerranée 2A ce moment, la cellule qui était jusque-là invisible se met à grandir et à former une espèce de tige verticale. Lorsque cette hampe atteint environ 5 cm de haut, elle forme un chapeau en forme de disque creux d’environ 1 cm de diamètre. Ce n'est qu'à ce moment que l’algue est alors bien visible, vert pâle à blanc, et bien reconnaissable.

  

Le chapeau est constitué de petits sacs liés entre eux, contenant les éléments reproducteurs de l’algue. Ils se détachent à la fin de l’été et ceux qui seront fécondés donneront une nouvelle algue après s’être fixés.

 

 


                                                                                                                                                                         Haut de page

L'Estartit 2015 : Un autre étrange organisme

(Décembre 2015 et janvier 2016)

Nous allons revenir une fois encore à l'occasion de cette nouvelle page à un organisme qui a intrigué plus d'un plongeur de Nérée lors de notre dernier stage de plongée à l'Estartit lors de l'été dernier.

Le voici photographié sur le spot de Pedra de Deu, sur les Iles Mèdes, lors de notre plongée du 17 juillet 2015 :

Filograna implexa

L'étonnement de nos plongeurs est compréhensible. L'identification de cet organisme n'est pas forcément évidente. Qu'est-ce que cela pourrait bien être ?

Il s'agit... d'un ver ! Un ver sédentaire répondant au joli nom scientifique de « Filograna implexa ». et au nom vernaculaire de « Salmacine »

Ce ver ne mesure que 4 mm de long. Il vit dans un tube calcaire blanc de 0,3 à 0,5 mm de diamètre. Les salmacines vivent en groupes et leurs tubes s'enchevêtrent et forment des agglomérats de 20 cm de diamètre. C'est un de ces agglomérats qui est photographié ci-dessus.

 

La tête de chaque ver porte deux groupes de 4 tentacules plumeux chacun qui se déploient en panache hors du tube. Deux de ces tentacules portent sur leur extrémité un opercule jaune clair en forme de godet pour fermer l'orifice du tube lorsque le ver est rétracté. Le panache est translucide ou de couleur blanche ou rosâtre. Les tentacules qui captent les micro-organismes nécessaires à l'alimentation du ver servent aussi à sa respiration. Ils peuvent se rétracter rapidement à l'intérieur du tube.

Filograna implexa

La salmacine vit à partir de 5 m de profondeur, sur les roches, les gorgones, certains bryozoaires ou parmi les crampons des algues. 

On la rencontre en Atlantique, dans la Manche, en Mer du Nord et en Méditerranée. 

Elle est également présente en Mer Rouge où la photo ci-dessous avait été prise en 2012 près de El Quseir, précisément sur le spot de Abu Sawatyr.





La description de Filograna implexa a été empruntée à l'article de A. Bay-Nouailhat sous la référence : http://www.mer-littoral.org/16/filograna-implexa.php


Les espèces invasives

(Février et mars 2016)

En préparation au prochain stage de notre école de plongée en Zélande, nous allons nous intéresser aux nouveaux organismes qui se sont installés de façon invasive en Zélande et que la littérature scientifique qualifie de « alien » en référence au célèbre film de science-fiction et d'horreur de Ridley Scott sorti en 1979Le titre du film se réfère au protagoniste principal, une créature extraterrestre très agressive qui tente de tuer les membres de l'équipage d'un vaisseau spatial dans lequel elle s'est installée.

Les espèces invasives doivent être distinguées des espèces introduites et des espèces importées.

Les espèces importées ne se reproduisent pas naturellement dans leur nouveau milieu : la tomate par exemple.
Les espèces introduites se reproduisent dans leur nouveau milieu après y avoir été introduites volontairement ou involontairement par l'homme : le ragondin par exemple. 
Les espèces invasives sont des espèces introduites qui posent un problème au fonctionnement de l'écosystème. 
Une espèce invasive franchit une quadruple barrière : 
 - géographique : elle est déplacée par l'homme d'une aire à une autre, 
 - environnementale : elle s'acclimate dans un autre biotope, 
 - de reproduction : elle se reproduit de manière autonome dans son nouveau        milieu, 
- de dispersion : elle se répand massivement dans son nouvel environnement.
 


Les invasions biologiques ont toujours fait partie des grands changements naturels et il y a toujours eu des espèces invasives mais on enregistre une véritable explosion sur les 20 dernières années. Ainsi, aujourd'hui, en Zélande, les espèces invasives représentent
  - 45 % de la biomasse et 9 % du nombre d'espèces dans l'Oosterschelde,
  - 74 % de la biomasse et 14 % du nombre d'espèces dans le Grevelingen, 
  - 81 % de la biomasse et 23 % du nombre d'espèces dans le Veersemeer. 

D'où proviennent donc ces espèces invasives et comment arrivent-elles en Zélande ? 
La comparaison de deux cartes peut nous éclairer : 
- la carte mondiale du nombre d'envahisseurs marins répertoriés


- la carte des grandes voies maritimes mondiales


Visiblement, le transport maritime mondial est un facteur associé majeur au transport et au développement des espèces marines invasives.

Ce transport maritime mondial met en œuvre 4 vecteurs d'introduction des espèces invasives : 
1.  Le fooling qui est l'accrochage d'organismes à la coque des bateaux et le ballastage qui représente 10 milliards de m³          d'eau par an contribueraient à 70 % des envahissements. 
2.  L'aquaculture, principalement celle des mollusques, expliquerait 40 % des envahissements. 
3.  Le percement des canaux, comme celui de Suez, expliquerait 20 % des envahissements. 
4.  L'aquariologie qui rejette volontairement ou non des organismes importés dans notre environnement et les appâts de          pêche expliqueraient 20 % des envahissements. 

Les impacts environnementaux des envahissements sont loin d'être négligeables. 
Certains sont positifs : l'apport d'une ressource alimentaire supplémentaire, l'augmentation de la biodiversité locale et la création ou le maintien d'une activité économique (L'ostréiculture zélandaise a pu être sauvée par l'importation massive de l'huître creuse Crassostreas gigas). 
Mais d'autres impacts négatifs ne peuvent être négligés : la compétition spatiale et alimentaire devient plus intense encore entre espèces, des toxines peuvent être libérées en grande quantité dans l'environnement et il y a un risque non négligeable d'hybridation des aliens avec des espèces indigènes. 

Dans la prochaine page de Faune et Flore, nous examinerons plus en détail un de ces nouveaux envahisseurs en train de modifier fondamentalement certaines populations de crustacés en Zélande.

Une espèce invasive de Zélande : le crabe sanguin

(Avril et mai 2016)

Comme annoncé, nous nous intéressons aujourd'hui à une espèce invasive de Zélande, le crabe sanguin dont le nom scientifique est « Hemigrapsus sanguineus ». En voici un spécimen photographié sur le spot Linda à Wemeldinge en janvier 2016 :

Carcinus maenas


Cet « alien » a une carapace carrée sur laquelle on observe trois dents latérales de chaque côté et un front qui en est dépourvu. Il est paré de nombreuses zones colorées, allant du violet au brun, en passant par l’orange et le vert. Ses pattes ambulatoires sont relativement aplaties et présentent une alternance caractéristique de bandes transversales sombres et claires. Les pinces symétriques sont ornées de petites taches rouges. La taille des adultes peut atteindre 3 à 4 cm. Le mâle adulte est plus volumineux que la femelle, son abdomen est effilé et triangulaire alors que celui de la femelle est large et arrondi.

Ce petit crabe invasif est originaire du nord-ouest de l'Océan Pacifique, de la Russie à Hong Kong, en passant par le Japon, la Corée et la Chine. Il a été observé pour la première fois aux États-Unis en 1988, dans le sud du New Jersey, ses larves planctoniques ayant probablement été transportées dans les eaux de ballast de navires marchands. En 1999, il apparaît quasi simultanément dans le port du Havre en France et dans l'Oosterschelde. Plus récemment encore, il a été observé en Méditerranée et en Mer Noire. En Zélande, on le trouve à faible profondeur et dans la zone de balancement des marées, sur des substrats durs. Personnellement, j'ai pu observer des spécimens sous des rochers et sur les bancs de moules et d'huîtres à Wemeldinge dans l'Oosterschelde et sur les balles du récif de Den Osse dans le Grevelingen.

L'espérance de vie du crabe sanguin est de 3 ans environ. Pendant ce temps, chaque année d'avril à septembre, les femelles peuvent pondre, deux fois ou plus, de 15.000 à 50.000 œufs à chaque ponte ! La densité au m² de Hemigrapsus sanguineus peut donc vite devenir très importante. On a relevé sur les côtes françaises des concentrations de 80 individus/m² et plus encore aux Etats-Unis où l’on avance le chiffre de 350 individus/m² à certains endroits !

Le crabe sanguin est un prédateur très actif, un omnivore opportuniste qui se nourrit de tout ce qu'il trouve : des algues mais surtout des larves et des juvéniles de poissons et d'invertébrés multiples tels que moules, balanes, vers, autres petits crabes et même petits homards ! En Zélande, hormis les goélands, le crabe sanguin connaît peu de prédateurs qui menacent son développement.

Cette situation a des impacts majeurs   
Un Carcinus maenas en voie de disparition en Zélande

1. sur l'environnement et les espèces indigènes : 
Le crabe sanguin attaque tellement les populations de crustacés, de poissons et de mollusques qu'il perturbe complètement la chaîne alimentaire. Ainsi, le petit crabe vert « Carcinus maenas » caractéristique des fonds zélandais est en voie de disparition. Son biotope est similaire à celui du crabe sanguin mais celui-ci domine le combat pour occuper l'espace et profiter de ses ressources.
2. sur l'homme et ses activités :
Le crabe sanguin est une menace grave pour l'aquaculture de Zélande, en particulier pour les élevages de homards d'une part et pour ceux de moules, d'huîtres et de myes d'autre part. Tous sont menacés par le développement du crabe sanguin qui se nourrit de leurs larves. On comprend l'inquiétude des professionnels du secteur.

Un Carcinus maenas en voie de disparition en Zélande

Les informations relatives au crabe sanguin ont été inspirées par les sites 
- Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hemigrapsus_sanguineus),
- Doris (http://doris.ffessm.fr/Especes/Grapse-sanguin3) et
- Les espèces marines introduites dans le bassin Artois-Picardie (http://sm-wimereux.univ-lille1.fr/accueil/actualites/documents/EspecesIntroduites.pdf).



Deux particularités dans la reproduction des espèces

(Juin, juillet et août 2016)

Dans cette nouvelle page, nous allons nous intéresser à deux animaux fréquemment rencontrés à l'occasion de nos plongées en Zélande lors du dernier stage de l'école en mai dernier : le crabe vert et la crépidule. Ces animaux sont très courants mais beaucoup de plongeurs ignorent qu'ils présentent chacun une particularité spécifique dans le cadre de leur reproduction. Une fois n'est pas coutume, nous allons donc parler sexe !

L'accouplement des crabes verts

Lors de notre plongée à Zoetersbout le 7 mai dernier (Site n° 26 dans Le Guide pratique de la Plongée en Zélande), nous avons pu observer deux crabes verts, des Carcinus maenas dont il a déjà été question dans notre page d'avril et de mai 2016. Ils avaient adopté une position curieuse, inhabituelle :

Crabe vert1



Le crabe au-dessus est un mâle et celui en-dessous est une femelle. Leurs tailles respectives sur la photo donnent une première indication que l'observation des abdomens, quand ceux-ci sont visibles, confirme ensuite : l'abdomen de la femelle est beaucoup plus large et plus arrondi que celui du mâle.



L'accouplement des crabes verts nécessite de très longs préparatifs. Le mâle sélectionne sa partenaire quelques jours avant qu'elle mue. Le couple se met alors en précopulation, le mâle chevauche la femelle dont la face dorsale est appliquée contre sa face ventrale, il la maintient grâce à sa deuxième paire de pattes et conserve sa mobilité ainsi que l'usage défensif de ses pinces. C'est cette position que la photo illustre. Dans quelques jours, lorsque la femelle muera et qu'elle aura perdu sa carapace rigide, le mâle la tournera de 180°. Le couple sera alors en position de copulation, face ventrale contre face ventrale, et le mâle introduira ses stylets copulateurs dans les orifices génitaux de la femelle. Outre qu'il assure bien évidemment la reproduction de l'espèce, ce comportement procure une protection à la femelle à un moment où elle est particulièrement vulnérable sans sa carapace dure et augmente ses chances de survie. On n'ose cependant pas imaginer ce que serait l'acte de reproduction si les humains étaient dotés d'une carapace semblable et qu'il faille attendre, attendre... la mue de la partenaire dans les mêmes conditions !

La transsexualité des crépidules.

La crépidule est un mollusque gastéropode originaire de la façade atlantique de l'Amérique du Nord et devenu invasif en Europe depuis son introduction accidentelle à la fin du 19° siècle. Fixées sur des coquilles, des carapaces ou sur des roches, les crépidules vivent à faible profondeur. Elles s'encastrent les unes sur les autres, formant des colonies comptant jusqu'à une douzaine d'individus qui résistent facilement au courant et à la plupart des prédateurs. Fait rare chez les gastéropodes, elles se nourrissent de plancton en filtrant l'eau. La photo ci-dessous a été prise à Bommenede (Site n° 6 dans Le Guide pratique de la Plongée en Zélande) lors de la plongée du 7 mai dernier.

Crabe vert3

Les plus gros individus, toujours en bas de l'empilement, sont des femelles et les plus petits individus, toujours en haut de la colonie, sont des mâles. Il faut savoir que la crépidule est un organisme hermaphrodite protandre : chaque individu naît mâle puis, en vieillissant, il devient femelle. Lorsqu'une nouvelle jeune crépidule vient se fixer sur le sommet d'une colonne, c'est donc toujours un mâle. Ce mâle fécondera les femelles en-dessous de lui avec son pénis extensible. Les embryons se développeront en quelques semaines, d’abord dans le corps des femelles puis à l’extérieur de celui-ci, mais protégés sous la coquille. Les larves sont ensuite libérées dans le milieu marin pendant deux à cinq semaines environ avant de se métamorphoser en jeunes individus mâles. Lorsqu'une de ces nouvelles crépidules mâles se posera au sommet de la colonie, la crépidule en-dessous, qui était mâle jusque là, se transformera en femelle... et le cycle de reproduction recommencera sous l'impulsion de ce nouveau mâle récemment arrivé. Ce sont vraisemblablement des signaux chimiques qui génèrent ces transformations de crépidules mâles en crépidules femelles mais il reste aux biologistes encore beaucoup à découvrir dans ce domaine.

En attendant, les plongeurs les plus imaginatifs pourront toujours se représenter, dans une colonie de crépidules, la fécondation des femelles des étages inférieurs par le mâle qui ne quitte pas l'étage supérieur : il allonge son sexe dont la longueur atteint à ce moment huit fois la taille de l'animal ! Et huit fois ne constitue pas encore un record. Le record semble être détenu par un petit crustacé, le pouce-pied. Son nom scientifique est Pollicipes pollicipes et il vit fixé sur les rochers des côtes atlantiques du Portugal, d'Espagne et d'Afrique du Nord. La taille de son sexe, dans de « bonnes dispositions », atteint vingt fois la taille totale de l'individu. Je vous laisse rêver...


Les informations relatives au crabe vert ont été inspirées par 
- le site https://fr.wikipedia.org/wiki/Carcinus_maenas et
- par le Guide de la Faune et de la Flore sous-marines de Zélande par Sheridan et Massin aux Editions Lifras.

Les informations relatives à la crépidule ont été inspirées par les sites
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Crepidula_fornicata ;
- http://www.mer-littoral.org/14/crepidula-fornicata.php ;
- http://www.observatoire-biodiversite-bretagne.fr/especes-invasives/Faune-et-flore-marines/Faune-marine/La-crepidule-americaine-Crepidula-fornicata
.


Algue ou plante ?

(Septembre et octobre 2016)

Les oreilles de certains encadrants sont parfois un peu écorchées d'entendre un plongeur ou une plongeuse lors du debriefing de fin de plongée dire qu'il ou qu'elle avait failli s'accrocher dans les « algues » pendant qu'il ou qu'elle palmait à côté ou au-dessus d'un herbier de grands... myriophylles !

Nous allons donc dans cette page rappeler brièvement les principales ressemblances et différences entre algues et plantes. Nous identifierons ensuite quelques-uns de ces végétaux que nous rencontrons le plus fréquemment lors nos plongées en eaux douces.

Algues et plantes : les principales ressemblances 

Les plantes 

Les algues 

possèdent toutes deux de la chlorophylle.

ont toutes deux besoin de lumière.

sont toutes deux capables de se nourrir et de se développer

sans prélever de molécules organiques dans le milieu

car, grâce à la photosynthèse,

elles transforment les éléments minéraux en éléments organiques.

C'est pour cela qu'on les appelle des organismes autotrophes.

  

Algues et plantes : les principales différences 

Les plantes

Les algues

possèdent des racines

qui fixent la plante

et captent la nourriture

dans le substrat.

ne possèdent que des crampons qui fixent seulement l’algue

sans effectuer aucun prélèvement

de nourriture dans le substrat.

possèdent une tige

qui conduit la sève

des racines aux feuilles.

possèdent un stipe qui fixe seulement la fronde au crampon

mais ne transporte aucune sève.

possèdent

un système de vascularisation qui conduit la sève

depuis les racines

jusqu'aux cellules des feuilles.

ne possèdent

aucun système vascularisé,

les cellules se nourrissent

par filtration directe de l’eau.

possèdent des feuilles nervurées.

possèdent une fronde

non nervurée.

se reproduisent par des fruits.

se reproduisent par fragmentation

ou par bourgeonnement.


 Quelques algues que nous pouvons rencontrer dans nos eaux douces habituelles 

le cladophore  
 Nom usuel :
 le cladophore

 Nom scientifique : Cladophora sp

 Froidchapelle, Barrage de l'Eau d'Heure

 

 Cette algue verte filamenteuse, au toucher plutôt rêche, se rencontre dans les eaux courantes et peu profondes, de préférence sur substrats durs et stables. Sa présence massive indique souvent une pollution organique ou minérale.

 
la spirogyre  
 Nom usuel : la spirogyre

 Nom scientifique : Spirogyra sp

 Froidchapelle, Barrage de l'Eau d'Heure

 

 Chaque filament de spirogyre est constitué d'une file unique de cellules cylindriques de grande taille. Le développement excessif de cette algue verte au toucher gluant présente des risques potentiels majeurs pour la santé humaine et animale. 
la characée  
 Nom usuel : la characée

 Nom scientifique : Tolypella sp (?)

 Obourg, Carrière Holcim n° 1

 

 Les characées sont une famille d'algues vertes ressemblant à des prêles et qui compte près de 400 espèces. La taille de la tige dressée et ramifiée varie entre quelques centimètres chez les petites espèces et plus de 2 mètres de hauteur chez les plus grandes.


Quelques plantes que nous pouvons rencontrer dans nos eaux douces habituelles 

le cornifle immergé
 

 
Nom usuel : le cornifle immergé

 Nom scient. : Ceratophyllum demersum

 Ecaussinnes, Carrière de Scoufflény

 

 Plante vivace de 50 à plus de 90 cm de hauteur qui apprécie les cours d'eau à débit lent, voire stagnant. Elle freine le développement des algues car elle se nourrit des mêmes substances nutritives et produit des substances nocives freinant leur développement.

l'élodée du Canada
 

 Nom usuel : l'élodée du Canada

 Nom scientifique : Elodea canadensis

 Sprimont, Carrière de Lillé

 

 Plante vivace mesurant jusqu'à 1 m de hauteur et parfois plus. Originaire d’Amérique du Nord, cette élodée a été introduite en Europe vers 1836. Aujourd'hui, elle est plutôt en régression au profit de l'élodée à feuilles étroites présentée ci-dessous.

l'élodée à feuilles étroites
 

 
Nom : l'élodée à feuilles étroites

 Nom scientifique : Elodea nuttallii

 Ecaussinnes, Carrière de Scoufflény

 

 Plante vivace d'une hauteur dépassant souvent plusieurs mètres. Importée en Belgique depuis 1939 comme plante décorative en aquariophilie, elle se révèle depuis très invasive dans des eaux calmes ou à courant faible, riches en éléments nutritifs et peu profondes.

le myriophylle  
 Nom usuel : le myriophylle

 Nom scientifique : Myriophyllum sp

 Dour, Carrière d'Elouges

 

 Le myriophylle fait partie des plantes à fleurs dont les ancêtres terrestres sont retournés à l'eau. La taille atteint 2 à 3 m de hauteur. La plupart sont vivaces et peuvent devenir envahissantes. Elles servent de frayères aux poissons qui ne dédaignent pas s’en nourrir à l’occasion.


Maintenant que vous voilà sensibilisés un peu plus à la distinction entre algues et plantes, il va vous falloir résister à la tentation de vouloir faire rentrer tous les organismes que vous rencontrerez dans nos eaux douces habituelles dans cette dualité. Tous ne sont pas algue ou plante !

 

Tout n'est pas algue ou plante, il y a aussi des bactéries !

Sur les substrats tant durs que sédimenteux fins de nos carrières, se forme parfois un « tapis » vert bleuté. Il n'y a ni algue ni plante à la base de ce « tapis » mais une bactérie, une cyanobactérie pour être précis : la cyanobactérie de Martens.

Le « tapis » de cyanobactéries de Martens est constitué de minuscules filaments cylindrique. Chacun de ces filaments isolé est invisible à l'œil nu car il ne mesure que 9 millièmes de millimètre de diamètre et 2,5 millièmes de millimètre de long. La couleurs de ce « tapis » dépend du rapport très variable de trois pigments, un pigment bleu, un pigment rouge et la chlorophylle.

 

https://sites.google.com/site/ecoledeplongeenereebernissart/activites-1/activite-6/Bact%C3%A9rie%20de%20Martens.jpg 

 Nom usuel : la bactérie de Martens

 Nom scientif. : Lynckbya martensiana

 Dour, Carrière d'Elouges

 La bactérie de Martens se développe surtout dans des eaux riches en éléments  nutritifs et bien oxygénées. Un tapis suppose souvent la présence d'autres  cyanobactéries : il est très rare de ne trouver qu'une seule espèce dans un même   tapis. 

https://sites.google.com/site/ecoledeplongeenereebernissart/activites-1/activite-6/Vie%20en%20eau%20douce.jpg

Pour plus de renseignements sur les organismes évoqués ci-dessus et pour identifier d'autres organismes que la place et le temps ne permettent pas de présenter ici, je vous renvoie à l'excellent ouvrage de Jean-Pierre Corolla, Michel Kupfer, Gaël Rochefort et Sandra Sohier : « La vie en eau douce » aux éditions Neptune Plongée. 

Complet et bien documenté, c'est un ouvrage qui se lit facilement et se révèle vite indispensable pour les plongeurs intéressés par la vie subaquatique dans nos eaux douces habituelles. 


 

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Le labre nettoyeur 

(Novembre et décembre 2016)


Nous allons nous intéresser dans cette page à un poisson que tout plongeur en Mer Rouge ou dans l'Océan Indo-Pacifique tropical a immanquablement rencontré : le labre nettoyeur. Il répond au nom scientifique de Labroides dimidiatus.

Labre1



D'une taille adulte moyenne d'environ 10 cm, le labre nettoyeur a le corps allongé de couleur gris jaunâtre au niveau de la tête et sur le dessus. Il a une bande longitudinale noire qui part du museau et qui s’élargit vers la queue. En-dessous de cette bande, le corps est bleu clair et le ventre est blanc. Le juvénile est de dominante noire avec une ligne bleu vif sur le dos.




Il faut savoir que certaines zones du corps des poissons sont dépourvues de protection contre les parasites : les écailles, les branchies, la bouche, les nageoires et les espaces entre les écailles. Certains petits crustacés en profitent et parasitent alors leur hôte qui ne peut rien contre eux. Le labre nettoyeur va constituer une aubaine pour l’ensemble des poissons du récif car il va les débarrasser de leurs parasites et de leurs vieilles peaux. Pourvu de couleurs lumineuses, le labre nettoyeur va attirer le regard des poissons parasités par une nage sautillante qui contraste avec la nage habituelle des autres poissons. Il va ainsi les attirer dans de véritables stations de nettoyage où ils pourront se faire déparasiter. Ces stations de nettoyage sont tenues par un couple d'adultes, par un groupe de juvéniles ou par un mâle dominant avec les 6 ou 7 femelles de son harem. Les poissons expérimentés qui viennent s'y faire soigner prennent une posture légèrement inclinée vers l’arrière, ils écartent leurs nageoires et ouvrent la bouche, certains changent même de couleurs.


Dans une station de nettoyage, les labres nettoyeurs peuvent pratiquer jusqu'à 2.000 interactions par jour ! Ils proposent également à leurs « clients » des massages qu'ils prodiguent avec leurs nageoires pectorales et ventrales, en se plaçant sur le dos de leur client. Les relations entre les labres nettoyeurs et leurs clients ont fait l'objet de recherches récentes et ces recherches ont livré des résultats surprenants quant à une forme d' « intelligence sociale » des poissons.


Labre2

Labre3
 

Labre nettoyeur 
déparasitant un mérou de Méditerranée

Labre nettoyeur 
déparasitant une murène léopard


Tout d'abord, les chercheurs ont effectué des prises de sang à des poissons régulièrement massés. Ces poissons régulièrement massés ont des taux de cortisol, l'hormone du stress, plus bas que les poissons non massés. Dans les stations de nettoyage, non seulement, les poissons sont déparasités mais ils retirent de leurs massages un bien-être évident.


Mais il y a encore plus surprenant. Les labres ont une forte envie de manger le mucus, ce gel insoluble qui enduit la peau des poissons et les rend glissants, diminue les frottements avec l'eau, les rend difficiles à attraper par les prédateurs, protège leur peau des infections, des agressions chimiques et des coups de soleil. Or, si les labres ont envie de manger le mucus, les clients ont évidemment intérêt à ce que le nettoyeur ne le mange pas : le mucus est fort utile et les morsures désagréables. Il y a trois sortes de clients, avec lesquels les labres nettoyeurs adoptent des stratégies différentes :


Les prédateurs. Ils sont capables de manger le labre nettoyeur s'ils ne sont pas contents de ses services. Les labres sont très coopératifs avec ces clients dangereux : ils ne mangent pas leur mucus et leur prodiguent de nombreux massages.


Les résidents. Ces poissons se déplacent peu et donc n'ont à leur disposition qu'une seule station de nettoyage. Leur seul moyen pour obtenir un bon service est de punir le labre si le service est mauvais. Aussi tancent-ils les mauvais nettoyeurs : ils les poursuivent en leur donnant des coups. À la visite suivante d'un résident les ayant réprimandés, les labres sont généralement aux petits soins : ils ne mangent pas leur mucus et leur prodiguent de nombreux massages.


Les visiteurs. Ces poissons se déplacent beaucoup et peuvent donc mettre en concurrence plusieurs stations de nettoyage. S'ils ne sont pas contents du service, ils s'en vont simplement et fréquentent une autre station. 

Les relations des labres nettoyeurs avec les visiteurs sont complexes. En premier lieu, on observe que les labres offrent un meilleur service aux visiteurs familiers qu'aux visiteurs inconnus. Ils choient leurs habitués. À l'inverse, décevoir un client de passage est moins grave, semble-t-il, pour les affaires. Souvent, lorsqu'un labre nettoyeur toilette un poisson, le client suivant est déjà présent et observe le labre au travail, très attentif à ce qu'il voit. Si le service a été bon, il aura tendance à inviter le nettoyeur à interagir ; si le service a été mauvais, il a tendance à renoncer à interagir avec le nettoyeur.

Les labres nettoyeurs sont donc sensibles au fait d'être observés : sous le regard du client suivant, ils vont donner un bon service pour que le client en question ne parte pas.

Il y a même des variations selon le type de poisson observateur. Si ce dernier est un résident, les labres nettoyeurs ne font pas d'effort particulier : puisqu'il s'agit d'un client captif, il ne risque pas de partir à la concurrence. En revanche, quand l'observateur est un visiteur, les labres nettoyeurs redoublent d'efforts, ne mordent pas, massent le client : ils font en sorte de convaincre le visiteur de la qualité générale de leur service.

Tout ceci évoque de façon très évidente certaines pratiques commerciales humaines. Les labres nettoyeurs nous ressembleraient-ils ? Ou serait-ce nous qui leur ressemblerions ? La question restera ouverte...


Les informations relatives au labre nettoyeur ont été inspirées par les sites
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Labroides_dimidiatus,
- https://www.reef-guardian.com/labroides-dimidiatus-53-poisson-marin.html et
- https://www.aquaportail.com/fiche-poisson-599-labroides-dimidiatus.html.
Les informations relatives à l'intelligence sociale des poissons ont été inspirées par le site http://www.l214.com/poissons/intelligence-et-vie-sociale

L'huître 

(Janvier et février 2017)


Les tables dressées lors des fêtes de fin d'année que nous venons de vivre ont souvent mis en vedette le coquillage auquel nous allons nous intéresser dans cette page : l'huître.

L'huître ? Non, deux huîtres !

L'appellation courante de « huître » recouvre en fait deux organismes différents : l'huître creuse qui répond au nom scientifique de « Crassostrea gigas » et l'huître plate qui répond au nom scientifique de « Ostrea edulis ».

Elles se distinguent facilement :

Huîtres creuses de Zélande

Huîtres creuses Crassostrea gigas

Huîtres plates de Zélande

Huîtres plates Ostrea edulis

Selon les endroits, l'huître creuse Crassostrea gigas est aussi appelée huître japonaise, huître du Pacifique ou huître portugaise. D'une dimension maximale qui atteint 30 cm chez les plus grands individus, la coquille a une forme allongée. La partie inférieure est très nettement creusée tandis que la partie supérieure présente une surface plus plate avec des arêtes coupantes concentriques.

L'huître plate Ostrea edulis est commercialisée en France sous le nom de « belon ». La taille de la coquille, de forme plutôt ronde, ne dépasse que très rarement les 10 cm. La partie inférieure de la coquille n'est que très légèrement creusée, la partie supérieure est plate et feuilletée d'écailles positionnées comme des tuiles.

Pourquoi deux sortes d'huîtres sur un même site ?

Jusqu'au milieu du 19° siècle, les huîtres plates Ostrea edulis étaient les seules huîtres indigènes des côtes de l'Atlantique nord-est. On les trouvait de façon pratiquement continue de la Norvège au Maroc. Malheureusement, ces huîtres plates sont sensibles au froid et aux maladies et la production en était irrégulière.

Pour répondre à des demandes de plus en plus importantes des consommateurs et pour pallier les inévitables manques de production, les ostréiculteurs ont importé, parfois massivement, des huîtres creuses Crassostrea gigas. Originaires du Japon et du Pacifique nord-ouest, elles ont été introduites aux Etats-Unis vers 1920, en Zélande en 1964, au Portugal puis en France à partir de 1966.

Dotées d'une grande capacité d'adaptation et d'une croissance plus rapide, les huîtres creuses sont aujourd'hui l'espèce la plus cultivée au monde. Elles dépassent en aquaculture toutes les autres espèces de poissons, de mollusques ou de crustacés. Mais cette situation a un revers : les huîtres creuses sont devenues invasives dans plusieurs régions où des populations sauvages issues des installations ostréicoles se sont répandues massivement, posant de multiples problèmes écologiques et économiques, recouvrant entièrement les substrats rocheux ou vaseux, voire formant localement de véritables « récifs ». Extrêmement coupantes, elles peuvent également représenter un danger pour les baigneurs, les promeneurs et les plongeurs : nous savons combien nos gants, nos bottines et nos palmes souffrent lors de certaines plongées en Zélande !

La reproduction des huîtres

L'huître présente un hermaphrodisme successif : elle est, tour à tour, mâle et femelle au cours de sa vie. Une huître de deux ans peut ainsi changer plusieurs fois de sexe au cours d'un même été. A la fin de l’hiver et jusqu'en juillet, certaines huîtres adultes rejettent dans l'eau des gamètes mâles au moment où d'autres rejettent des gamètes femelles. Une huître creuse libère entre 20 et 100 millions de gamètes par ponte, une huître plate seulement un million. La fécondation a lieu en pleine eau, dans le flot de la marée. S'il est fécondé, l'œuf donne une larve planctonique qui, au bout de 3 semaines environ, va se fixer sur un support dur. Une fois fixée, la larve devient naissain. Elle ne mesure encore qu'un tiers de millimètre à ce moment mais elle commence sa métamorphose et le développement de ses organes d’adulte.

L'aquaculture des huîtres en Zélande

Les ostréiculteurs recueillent le naissain principalement en juillet et en août. Ils disposent des collecteurs près des bancs d'huîtres sauvages. Les collecteurs sont des supports sur lesquels les larves d'huître vont se fixer sans s'agglomérer les unes aux autres. Jadis, on utilisait des tuiles chaulées comme collecteurs. Actuellement en Zélande, il s’agit surtout de coquilles de moules provenant surtout des conserveries. Après 18 mois, les ostréiculteurs retirent les jeunes huîtres des collecteurs et les transportent jusqu’aux parcs d’élevage. Les parcs d'élevage sont des parcelles répertoriées qui sont louées par les autorités aux ostréiculteurs : 1.550 hectares de parcelles sont loués dans l’Oosterschelde et 500 hectares dans le Grevelingen. L
’eau y est propre et riche en nourriture, le courant y est fort. L’apport en aliments est donc continu et le développement de l'huître est optimal. Au cours du processus de croissance, l’ostréiculteur zélandais déplacera ses huîtres vers d’autres parcelles en moyenne deux fois par an afin de leur permettre de se développer de façon opt
imale.





Après 3 ans pour les huîtres creuses et 5 ans pour les huîtres plates, celles-ci sont prêtes à être consommées. Elles sont pêchées à l’aide de filets que l’on traîne sur le fond des parcelles et amenées dans des bassins à huîtres où elles resteront une huitaine de jours. En filtrant de l'eau propre, elles s'y débarrassent du sable et de la boue. Les bassins de dégorgement sont alternativement remplis et vidés pour entraîner les huîtres à fermer leur coquille plus longtemps et, ainsi, à rester fraîches à sec plus longtemps.

Bassins de dégorgement des huîtres à Yerseke

 

Le commerce des huîtres

Chez les producteurs et dans le commerce, on peut acheter des huîtres de différentes tailles mais il n'existe pas encore de standardisation internationale de ces tailles. En Zélande, les dénominations diffèrent aussi selon qu’il s’agit d’huîtres creuses ou d’huîtres plates. Les différentes tailles des huîtres creuses de Zélande sont exprimées à l’aide de chiffres romains tandis que les tailles des huîtres plates sont exprimées à l’aide de zéros :

Huîtres creuses

Huîtres plates

Appellation : IV

Huîtres de moins de 80 g

Appellation : 1/0

Huîtres de 40 à 50 g

Appellation : III

Huîtres de 80 à 120 g

Appellation : 2/0

Huîtres de 50 à 60 g

Appellation : II

Huîtres de 120 à 150 g

Appellation : 3/0

Huîtres de 60 à 70 g

Appellation : I

Huîtres de 150 à 200 g

Appellation : 4/0

Huîtres de 70 à 80 g

Appellation : 0

Huîtres de plus de 200 g

Appellation : 5/0

Huîtres de 80 à 90 g

Appellation : 6/0

Huîtres de 90 à 110 g

Appellation : 6/0 super

Huîtres de plus de 110 g

 

Grâce à tous ses apports en nutriments, l'huître offre des apports bénéfiques sur la santé, pour très peu de calories. Elle peut donc être consommée sans modération... à la différence du vin qui l'accompagne souvent !
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Quand les animaux changent de sexe ! 

(Mars et avril 2017)

Plusieurs d'entre vous m'ont fait part de leur étonnement après avoir découvert, dans la page de Faune et Flore précédente, que l'huître changeait de sexe. J'écrivais en effet que : « L'huître présente un hermaphrodisme successif : elle est, tour à tour, mâle et femelle au cours de sa vie. Une huître de deux ans peut ainsi changer plusieurs fois de sexe au cours d'un même été ».

 

En fait, les changements de sexe d'un individu ne sont pas rares en dehors de l'espèce humaine. De nombreux organismes subissent une ou plusieurs inversions du sexe au cours de leur vie. On parle de protandrie pour un passage du sexe mâle au sexe femelle et de protogynie pour un passage du sexe femelle au sexe mâle. La transformation est généralement déclenchée par des facteurs externes (Les interactions avec d'autres individus et les changements de structure familiale sont des facteurs décisifs dans le changement de sexe des poissons-clowns) ou morphologiques (La taille de l'individu par exemple). Ce sont des facteurs hormonaux qui bloquent le développement des organes génitaux de l'autre sexe jusqu'à une modification physiologique qui lève ce blocage et provoque la régression des organes sexuels en place.

En matière de changements de sexe, plusieurs évolutions sont possibles :

1. L'organisme est d'abord mâle à sa maturité sexuelle et il devient femelle plus tard.





Nous avions déjà rencontré cette situation dans la Page 
n° 5 de Faune et Flore quand nous avions évoqué la reproduction des crépidules en Zélande. Les plus gros individus, toujours en bas de l'empilement, sont des femelles et les plus petits individus, toujours en haut de la colonie, sont des mâles. Chez les crépidules, chaque individu naît mâle puis, en vieillissant, il devient femelle. Lorsqu'une nouvelle jeune crépidule vient se fixer sur le sommet d'une colonne, c'est donc toujours un mâle. Lorsque ce mâle se pose au sommet de la colonie, la crépidule en-dessous, qui était mâle jusque là, se transforme en femelle et elle restera femelle toute sa vie.

crépidules en Zélande

Empilement de crépidules en Zélande (Crepidula fornicata)


2. L'organisme est d'abord femelle à sa maturité sexuelle et il devient mâle plus tard.





C'est le cas de la plupart des serranidés, la famille dont les mérous, entre autres, font partie. Parmi les mérous, le mérou bossu, aussi appelé mérou de Grâce Kelly, est un joli poisson coloré pouvant atteindre 70 cm de long. Son nom scientifique est Cromileptes altivelis Il fréquente les eaux tropicales du bassin Indo-Pacifique où il apprécie particulièrement les eaux claires des lagons et des zones côtières récifales entre 2 et 40 m de profondeur. Cette espèce est hermaphrodite protogyne, c'est-à-dire que l'animal est d'abord femelle à la maturité sexuelle puis, selon son âge ou sa taille, devient mâle et le restera au cours de son existence.

Mérou bossu

Un mérou bossu (Cromileptes altivelis)


3. L'organisme alterne les sexes de façon répétée.






C'est le cas de l'huître que nous évoquions au début de cette Page et dans la Page précédente. L'huître est, tour à tour, mâle et femelle au cours de sa vie et elle change même plusieurs fois de sexe au cours d'un même été. Ainsi, à la fin de l’hiver et jusqu'en juillet, certaines huîtres adultes rejettent dans l'eau des gamètes mâles au moment où d'autres rejettent des gamètes femelles.

Huîtres creuses de Zélande  (Crassostrea gigas)

Huîtres creuses de Zélande  (Crassostrea gigas)


4. Un même organisme présente des organes mâles et des organes femelles simultanément actifs.





La plupart des mollusques gastéropodes, terrestres et aquatiques, sont des animaux hermaphrodites simultanés : adultes, ils présentent à la fois des organes sexuels mâles actifs et des organes sexuels femelles actifs. Mais, même s'ils sont à la fois mâle et femelle au même moment, ils ne peuvent pas se féconder eux-mêmes En fait, pendant l'accouplement, chaque gastéropode agit en mâle avec son partenaire et ce n'est qu'ensuite qu'il produit les œufs qui seront fécondés par le sperme conservé du partenaire.

Doris

Un mollusque gastéropode : le Doris à bords gris 

(Glossodoris hikuerensis)


Pour clôturer ce thème et à titre d'exemple choisi, dans la prochaine Page de Faune et Flore, nous détaillerons la vie sexuelle très complexe du poisson-clown du Pacifique dont les studios Pixar ont fait le héros du film d'animation « Le monde de Nemo » en 2003.

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La sexualité étonnante du poisson-clown

(Mai et juin 2017)



Après avoir survolé, dans la page précédente de Faune et Flore, la complexité sexuelle d'un certain nombre d'organismes que nous sommes amenés à croiser en plongée, nous allons détailler maintenant la vie sexuelle complexe du poisson-clown. 

Les poissons-clowns sont une sous-famille de poissons 
appartenant à la famille des Pomacentridés dans l'ordre des Perciformes. On en compte une trentaine d'espèces, toutes de taille modeste : de 6 cm pour la plus petite espèce (Amphiprion du Pacifique) à 16 cm pour la plus grande espèce (Poisson-clown épineux).

Quelques espèces de poissons-clowns
Poisson-clown à 2 bandes
Poisson-clown à 2 bandes
(Amphiprion bicinctus)

Poisson-clown épineux
Poisson-clown épineux
(Premnas biaculeatus)

Poisson-clown de l'Ile Maurice
Poisson-clown de l'Ile Maurice
(Amphiprion chrysogaster)

Poisson-clown à selle
Poisson-clown à selle
(Amphiprion leucogaster)

Les poissons-clowns fréquentent les lagons et les récifs coralliens de la zone indo-Pacifique et de la Mer Rouge où ils se nourrissent le plus souvent de plancton et de larves de tuniciers, parfois d'algues broutées sur les récifs ou gobées en pleine eau.

Ils sont principalement connus pour la relation mutualiste qu'ils forment avec dix espèces d'anémones de mer normalement mortelles
pour les autres poissons. Les poissons-clowns s’immunisent contre les cellules urticantes des anémones en se frottant progressivement contre leurs tentacules dès la fin du stade larvaire. Il ne s’agit pas d’une protection liée au système immunitaire du poisson mais plutôt à un changement de composition du mucus qui contient moins de protides et davantage de glucides complexes, limitant la décharge des cellules urticantes des anémones. Les poissons-clowns utilisent les anémones comme une barrière protectrice face à des prédateurs potentiels. Réciproquement, les poissons-clowns protègent les anémones des agressions de la part des poissons-anges, des poissons-papillons et des balistes, qui sont amateurs de tentacules d’anémones. Les poissons-clowns consomment également leur nourriture au sein des tentacules et les anémones, carnivores même si beaucoup hébergent aussi des algues symbiotiques, peuvent profiter des restes de ces repas. Enfin, les mouvements des poissons-clowns pourraient favoriser l’élimination du mucus produit en permanence par les anémones. 

Poisson-clown à proximité  de son anémone de mer
Poisson-clown à proximité
 de son anémone de mer

On sait moins que les poissons-clowns peuvent émettre des sons. On peut entendre très clairement des sons d'agression émis dans un groupe de poissons-clowns en cliquant sur le lien http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_342716/les-sons-d-agression
. Une étude menée à l'université de Liège a pu expliquer comment un mouvement de tête du poisson vers l’arrière entraîne d’abord une ouverture de la bouche puis un recul de la langue. Ceci cause ensuite une fermeture très rapide de la bouche et le son est émis par le claquement des dents des mâchoires inférieures contre les dents des mâchoires supérieures. Ce système de communication avec ses semblables est utilisé selon le cas pour exprimer son hostilité à un concurrent ou pour attirer un partenaire.

Mais venons-en à notre propos. Ce qui est peut-être le plus curieux chez les poissons-clowns, c'est la structure sociale du groupe de poissons qui habitent une anémone de mer. Un groupe est constitué d'une seule femelle, d'un seul mâle reproducteur et de jeunes mâles immatures plus ou moins nombreux.

Le plus gros poisson-clown, dominant socialement, est toujours la femelle. Elle présente des ovaires fonctionnels et des testicules dégénérés. Le mâle reproducteur est jusqu'à deux fois plus petit. Il a des testicules fonctionnels et des ovaires latents. Les autres poissons, plus petits encore que le mâle reproducteur, sont les jeunes mâles immatures, ils sont inactifs dans la reproduction.

En cas de disparition de la femelle, les testicules du mâle reproducteur s'arrêtent de fonctionner et les ovaires s'activent, il devient la nouvelle femelle dominante qui peut commencer à pondre dès le 26e jour après son changement de sexe. Le rôle de mâle reproducteur est repris par le plus gros des jeunes mâles immatures qui développe alors ses organes sexuels mâles.

Si c'est le mâle reproducteur qui disparaît, rien ne change pour la femelle qui se trouve un nouveau compagnon dans la personne du plus gros des jeunes mâles immatures qui devient, à ce moment, sexuellement actif.

Tous ces changements s'opèrent rapidement et sans heurt car le groupe des jeunes poissons-clowns mâles immatures est structuré par la taille des individus. Tout nouveau-né ou nouvel arrivant commence en bas de l'échelle sociale et il n'évolue qu'à la mort de ceux qui le précèdent dans l'ordre hiérarchique. Un individu n'atteint le sommet et ne devient femelle qu'après avoir parcouru l'ensemble de la filière pour cette anémone.

Et Nemo alors ? Le dessin animé des studios Pixar nous aurait-il bernés ? Eh oui, cruelle désillusion ! Seul rescapé des œufs déposés sur un coin de rocher au pied de l'anémone familiale, le petit poisson n'aurait jamais pu passer sa vie sous la protection de son père après que sa mère eût été mangée par un barracuda. Dans la réalité du milieu naturel, le père de Nemo serait devenu sa mère et lui-même, Nemo, prenant la place de son père, lui aurait donné une progéniture en temps voulu... La recomposition des familles après la séparation des parents pose moins de problème chez les poissons-clowns que chez les humains... mais elle n'est pas forcément plus facile à expliquer aux enfants.

Les informations relatives aux poissons-clowns ont été inspirées par les sites :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermaphrodisme_successif,
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Poisson-clown et 
- http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_342594/fr/la-vie-intime-des-poissons-clowns.


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Quand un envahisseur est envahi à son tour 

(Juillet, août et septembre 2017)


La problématique des espèces invasives avait été abordée pour la première fois dans la Page de Faune et Flore n° 3 de février 2016. Pour rappel, les espèces invasives sont des espèces déplacées d'une aire géographique à une autre, qui se sont acclimatées dans leur nouveau milieu, s'y sont reproduites de manière autonome et s'y sont répandues si massivement qu'elles posent un problème au fonctionnement de l'écosystème.

Il y a plusieurs dizaines d'années, quasiment tous nos plans d'eau habituels ont été envahis par la moule zébrée dont le nom scientifique est Dreissena polymorpha. Elle nous est aujourd'hui tellement habituelle en plongée que nous n'y prêtons plus attention et que nous avons même oublié son caractère invasif. Aujourd'hui, sous nos yeux, nous pouvons assister à l'envahissement de cet ancien envahisseur par un nouvel envahisseur : la moule quagga dont le nom scientifique est Dreissena bugensis. Nous allons nous intéresser à ces deux espèces de moules d'eau douce et apprendre comment les différencier en plongée.


La moule zébrée (Dreissena polymorpha)




Dreissena polymorpha
 est un mollusque bivalve. La coquille mesure de 2 à 3 cm de long et est couverte de zébrures d'où l'appellation de moule zébrée.
 

Comme la moule marine, elle dispose d'une glande, le byssus, qui sécrète des filaments qui se solidifient dans l'eau et lui permettent de se fixer sur un substrat dur. Elle se nourrit principalement de bactéries, d'algues bleues, de petites algues vertes et de particules très fines de détritus. Elle aspire l'eau par un siphon, filtre la nourriture en suspension et expulse l'eau filtrée par l'autre siphon.

La moule zébrée a pour origine les eaux douces des bassins de la Mer Caspienne et de la Mer Noire. Voyageant sur les coques et dans les eaux de ballasts des bateaux, elle s'est rapidement répandue en Europe de l'Ouest puis aux États-Unis et au Canada. Sa capacité de dispersion est exceptionnelle grâce à une forte fécondité, à une capacité importante de dérive des larves et des juvéniles et à une très forte résistance aux toxines.

La moule zébrée peut former des « récifs » d'une densité jusqu'à 20 000 moules par mètre carré. De tels envahissements causent de graves problèmes économiques en obstruant des conduites d'eau, en bloquant des écluses ou en rehaussant des radiers. Au plan biologique, la moule zébrée peut supplanter puis éliminer les espèces moins résistantes qu'elle.



La moule quagga (Dreissena bugensis)



Cette espèce est originaire, comme la moule zébrée, des bassins de la Mer Noire et de la Mer Caspienne. En Amérique du Nord, sa première mention date de 1989 dans le lac Erié entre les Etats-Unis et le Canada. Depuis, elle a complètement envahi tous les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent et de nombreux affluents. L'extension de son aire de répartition se poursuit implacablement d'année en année.

En Europe, au début des années 2000, la moule quagga s’est d'abord disséminée en Europe de l’Est avant d'être observée en Europe de l’Ouest, notamment en Allemagne. Depuis 2006-2007, elle est signalée aux Pays-Bas et en Belgique. Si nos carrières habituelles de Barges, de Dour et de Maffle sont encore protégées, l'envahissement est spectaculaire au Barrage de l'Eau d'Heure : un sondage effectué à la mi-juin 2017 sur quelques bancs de moules entre la surface et 20 m conduit à estimer la proportion de moules quagga à plus de 95 % ! Il ne resterait que moins de 5% de moules zébrées dans cette zone ! 

La moule quagga et la moule zébrée sont très proches, tant au point de vue morphologique qu’écologique. Elles se développent dans des habitats très semblables et ont aussi des impacts écologiques et économiques comparables. Cependant, la moule quagga parvient à occuper des substrats meubles comme le sable et même la vase. Elle tolère encore mieux que la moule zébrée les périodes de disette, de plus grandes profondeurs, des eaux plus froides et plus polluées. La taille moyenne des moules quagga est supérieure à celle des moules zébrées, la croissance est plus rapide et la reproduction commence plus tôt dans l'année.

C'est pourquoi lorsque la moule zébrée et la moule quagga sont présentes sur le même site, la seconde tend la plupart du temps à supplanter la première.



Comment différencier moule zébrée et moule quagga pendant nos plongées ? 

Même si la moule zébrée, Dreissena polymorpha, tend à être généralement entièrement striée de brun et si la moule quagga, Dreissena bugensis, tend à présenter de larges zones blanches sans rayure surtout près de la charnière, les deux espèces de moule présentent toutes les deux des variations importantes de forme générale, de couleurs et de zébrures. Comment, alors, les différencier lors de nos plongées ?

Quatre critères vont nous y aider :



Maintenant que vous êtes informés de ce combat pour l'occupation de l'espace de vie que se livrent la moule zébrée et la moule quagga, vous pourrez suivre en direct lors de vos prochaines plongées l'évolution de la situation dans nos carrières et plans d'eau habituels.


Les informations relatives à la moule zébrée, Dreissena polymorpha, ont été largement inspirées par les sites :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Moule_z%C3%A9br%C3%A9e
http://doris.ffessm.fr/Especes/Dreissena-polymorpha-Moule-zebree-152

Les informations relatives à la moule quagga, Dreissena bugensis, ont été largement inspirées par les sites :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dreissena_bugensis
http://doris.ffessm.fr/Especes/Dreissena-bugensis-Moule-quagga-4007 Cette dernière référence a été réalisée par un ami, Pierre Marlière, instructeur Cmas Océanologie et vice-président de l'école de plongée Grasm à Lessines. Je vous invite à visiter son blog https://plus.google.com/u/0/+PierreMarliere.



Cette mer qu'on appelle « Mer Rouge »


(Octobre, novembre et décembre 2017)

Atlantis





Du 2 au 9 septembre 2017, un groupe de plongeurs de notre école Nérée a eu l'occasion de sillonner la Mer Rouge lors d'une superbe croisière de plongée sur le bateau Atlantis de l'opérateur français Diving Attitude.

Dans cette Page, nous allons nous écarter de nos thématiques habituelles de Faune et de Flore et nous interroger sur cette appellation de « Mer Rouge ».












Nos plongeurs Nérée devant l'Atlantis



La Mer Rouge n'est pas la seule mer à porter un nom de couleur. Ainsi, entre la Bulgarie, la Roumanie, l'Ukraine, la Russie, la Géorgie et la Turquie, on trouve la Mer Noire. Dans le nord-ouest de la Russie, au sud de la Mer de Barents, une partie de l'Océan arctique est appelé la Mer Blanche. Enfin, le bras de mer de l'Océan Pacifique qui sépare la Chine de la péninsule coréenne est appelée la Mer Jaune.

La Mer Noire
Mer Noire
La Mer Blanche
Mer Blanche
La Mer Jaune
Mer Jaune


Mer Rouge

Mais revenons à notre Mer Rouge. 

Vue de l'espace, elle apparaît comme une mer presque fermée dans un environnement chaud et aride. Au nord, le golfe d'Aqaba est fermé et le golfe de Suez ne communique avec la Méditerranée que par les 162 km du canal de Suez. Au sud, seul le détroit de Bab-el-Mandeb relie la Mer Rouge au golfe d’Aden qui, à son autre extrémité, s'ouvre vers l'Océan Indo-Pacifique. La longueur totale avoisine les 2.000 km, la largeur maximale ne dépasse pas 300 km. La superficie totale couvre 450.000 km2 soit 15 fois la superficie de la Belgique.







Source photo : Google Earth Pro


Récifs

Les marées y ont une très faible amplitude et les températures de surface de l’eau de la Mer Rouge sont relativement constantes, entre 25 et 28°C, ce qui en fait une des mers les plus chaudes du monde. La salinité est très élevée, jusqu'à 45 0/00 alors que, de façon générale, les océans ont une salinité moyenne de 35 0/00. Si la profondeur maximale atteint 3.040 m, la Mer Rouge est cependant parsemée de nombreuses îles et de nombreux hauts-fonds, elle se révèle très dangereuse pour la navigation. Le nombre élevé d'épaves qu'elle héberge en est un signe.



Hauts-fonds et récifs d'Abu Nuhas


Vie sous-marine

La vie sous-marine y est exubérante : on y compte plus de 1.000 espèces d’
invertébrés, plus de 200 espèces de coraux et au moins 300 espèces de requins. On considère généralement que 20 à 30 % des espèces qu'on y rencontre sont endémiques, c'est-à-dire qu'on ne les trouve qu'en Mer Rouge et nulle part ailleurs.





Une vie sous-marine exubérante


Mais pourquoi appelle-t-on cette mer la « Mer Rouge » ?

Le nom « Mer Rouge » est la traduction du grec « Erythra Thalassa » et du latin « Mare Rubrum ». Les Hébreux la nommaient « Mer d'Edom » ou « Mer des Eduméens », adom signifiant rouge en hébreu. Les Turcs, eux, l'appelaient « Kizildeniz », Kizil signifiant rouge. Le nom de « Mer Rouge » est donc très ancien, il remonte à la plus haute antiquité. Il a été utilisé par des peuples très différents mais cela ne nous explique pas d'où vient cette appellation de « Mer Rouge ». Nous en sommes réduits à chercher des hypothèses d'explication. 

Une première hypothèse
L'écrivain latin Quinte-Curce, dans l'Histoire d'Alexandre le Grand, en décrivant le paysage que ce dernier traverse durant le périple qui le mènera jusqu'en Inde, parle de la Mer Rouge en expliquant que son nom lui vient du roi Erythrus qui régnait à l'époque sur la région. Comme, en grec, le terme « erythros » signifie rouge, il y aurait eu confusion entre le nom du roi régnant sur la région, Erythrus, et l'adjectif grec, erythrus, désignant la couleur rouge. Il n'est pas possible de rejeter purement et simplement cette hypothèse mais elle paraît tout de même un peu alambiquée.

Une deuxième hypothèse 
https://sites.google.com/site/ecoledeplongeenereebernissart/activites-1/activite-6/Debelius.jpg
Bien que, la plupart du temps, la Mer Rouge soit d'un intense bleu-vert, il arrive occasionnellement que ses eaux soient peuplées d'algues de l'espèce Trichodesmium erythraeum. Celles-ci, lorsqu'elles meurent, donnent à l'eau une couleur rougeâtre en raison d'un pigment interne rouge, la phycoérythrine qui se libère dans l'eau à ce moment.
Dans son livre « La Mer Rouge, Guide du récif corallien », Helmut Debelius présente une photo de ce phénomène. Encore une fois, on ne peut pas rejeter à coup sûr cette hypothèse mais il serait curieux qu'un phénomène qui ne se produit qu'à certains moments en certains endroits ait pu donner son nom à la mer entière.


Debelius : La Mer Rouge, page 8

Une troisième hypothèse
Certains auteurs pensent que le nom de « Mer Rouge » proviendrait plutôt de l'apport d'alluvions de latérite, une terre rouge, que le Nil et d'autres cours d'eau amèneraient en provenance de l'Afrique centrale en grande quantité lors de leurs crues annuelles. Cette hypothèse est très peu plausible : le Nil ne se jette pas dans la Mer Rouge mais dans la Méditerranée et les cours d'eau susceptibles d'amener de grandes quantités d'alluvions de latérite sont vraiment rares dans le désert d'Egypte !

Une quatrième hypothèse
Le nom de « Mer Rouge » proviendrait d'un code de couleur qui, depuis l'Antiquité, attribue au sud la couleur rouge. La Mer Rouge est bien au sud pour les Grecs et les Romains. Cette hypothèse mérite donc d'être retenue mais aucun élément ne permet de la valider avec certitude.

Une cinquième hypothèse
Certains ont tenté d'expliquer l'appellation de « Mer Rouge » en référence au passage de la Mer Rouge par les Hébreux. Ceux-ci, sous la direction de Moïse, fuyaient l'Egypte où ils avaient été exilés et retournaient en Palestine. La mer se serait miraculeusement ouverte pour laisser passer le peuple juif tandis qu'elle se serait refermée sur les poursuivants, noyant l'armée du Pharaon. Le sang des noyés aurait coloré la mer en rouge et lui aurait donné son nom. Cette hypothèse est, de loin, la moins plausible : les noyés ne saignent pas et il est aujourd'hui établi que cette traversée évoquée tant dans la Bible que dans le Coran ne s'est pas faite au travers de la Mer Rouge mais à l'est du Delta du Nil, aux alentours de l'actuelle ville de Port-Saïd.

Cinq hypothèses... et aucune certitude. La science est parfois amenée à reconnaître qu'elle ne sait pas... ou par encore. Cela vous laisse le choix de chercher par vous-même ou, simplement, de rêver à la Mer Rouge et aux îles paradisiaques qui la parsèment, sans vous poser trop de questions...

https://sites.google.com/site/ecoledeplongeenereebernissart/activites-1/activite-6/Vue%201.jpg
https://sites.google.com/site/ecoledeplongeenereebernissart/activites-1/activite-6/Vue%202.jpg

Les informations relatives à la Mer Rouge ont été inspirées, entre autres, par le site https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Rouge







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